En descendant les marches avec mon sac de cordes je l’aperçois, assise sagement au milieu d’un groupe de personnes que je connais.

Elle ne dit mot, regarde partout, sourit.

Je salue le groupe, distribue des bises et me retrouve assise en face du canapé où elle est installée, de l’autre coté de l’allée qui mène à l’escalier, je l’observe, elle est vraiment très belle, elle a "du chien" ; je cherche son "propriétaire" dans la salle, imaginant qu’il l’a laissée là à la garde du groupe… mais personne ne vient !

Les uns et les autres se lèvent, elle reste assise, seule, et je finis par engager la conversation. Elle se lève immédiatement et vient me rejoindre, nous pouvons enfin discuter.

Elle est venue seule, elle a bien un "dom", mais il n’a pas le temps de s’occuper d’elle pour d’obscures raisons.

J’ai de la peine en entendant son histoire, c’est la ixième fois que je l’entends… Ils ont toujours des raisons plus ou moins fumeuses pour expliquer leurs asbences et carences, leur lassitude et leur lacheté… celui là est censé "avoir beaucoup de travail"… 

Quoi qu’il en soit, elle en a aujourd’hui assez d’attendre et a décidé de se prendre en main, de rencontrer, de découvrir le BDSM au travers de nouvelles expériences.

La voilà donc ce soir, fermement décidée à jouer ; je sais déjà que je jouerai tout à l’heure avec elle, son besoin de découverte est tellement fort, elle ne résistera pas a l’envie d’essayer les cordes.

Je sais cependant maintenant qu"en ce qui me concerne, pour "bien attacher" je dois sentir l’autre, et elle… elle j’ai envie de bien l’attacher, j’ai envie d’aller au delà, j’ai envie de jouer !

Je lui ai demandé si elle avait déjà été attachée, elle me répond d’un ton boudeur "j’ai été vaguement ficelée une fois oui, c’était pas beau".

Elle semble curieusement confiante dans les découvertes qu’elle va faire ce soir, persuadée que c’est ici "la source". J’écris "curieusement" parce que même si je sais qu’il y a ce soir quelques bons joueurs/ses, il y a aussi beaucoup d’ivraie, voire d’hommes ou de femmes seul/es venu/es découvrir et s’encanailler…

Ca me ferait mal de voir une aussi jolie femme se tromper, d’un autre côté, chacun a ses critères et qui suis-je pour décider qui a tort ou raison, même si, dans mon for intérieur, j’ai bien entendu, comme tout un chacun, mes a priori.

Je l’observe, belle, souriante, curieuse de tout, ouverte et confiante malgré ses mésaventures.

Pascal, le Maître des lieux  l’a prise sous son aile et convaincue de se vendre, et elle a eu le cran d’accepter, chapeau bas ! Première sortie dans un club, et elle a décidé de se vendre au plus offrant : homme, femme, couple, pour une "domination rock’n roll progressive" (dixit), et elle s’annonce comme "masochiste" !

Une telle beauté… évidemment les enchères s’envolent très vite. Je compte et recompte mon stock de mignonnes et  vilaines (la monnaie locale), Red a compris que la demoiselle m’intéressait et me fait signe que je peux monter les enchères.

Je surenchéris résolument, fermement, voire  férocement ; bien décidée à montrer ma volonté d’acquérir  "la bestiole" !

Une autre voix féminine intervient au moment de l’adjudication pour remporter enchère, c’est L, qui explique à Pascal qu’elle me l’offre… Soit, merci donc…

Je m’éclipse dès que les ventes sont terminées avec "mon lot" à l’étage, je lui demande de se mettre nue et l’attache sans attendre, il n’y a encore personne, je lui explique ce que j’attends pour elle de cette pratique là, ce que j’espère lui offrir comme sensations.

Elle se laisse glisser dans mes cordes, toujours confiante et souriante, je prends grand soin à chaque étape de m’assurer qu’elle se sent bien, c’est sa première suspension. Elle est superbe ainsi, mais je décide de ne pas la laisser longtemps suspendue, la pièce est soudainement bondée, il faisait frais et tout à coup l’air s’est réchauffé, les gens autour n’arrêtent pas de parler, de commenter, ils ne nous laissent pas de bulle où nous installer, je dois même demander à l’un de reculer.

Alors qu’elle est enfin redressée, une femme passe et avant que j’ai pu faire un geste pour m’y opposer avance sa main pour  toucher ma beauté dans ses cordes. Je l’envoie très sèchement se faire pendre plus loin !

Nous continuons à jouer, j’habille ma beauté d’un karada simple et fermement assujetti, elle se tourne et retourne devant le miroir, s’admirant, j’en profite pour lui nouer les bras dans le dos et circonscrire ses mouvements par une corde attachée à la poutre au plafond.

Elle n’a jamais gouté à une badine, c’est l’occasion ou jamais de lui faire découvrir, je la laisse bouger et tourner pendant que je la badine, je la suis, conservant le rythme puis approche un banc à fessée où elle s’agenouille. J’attache plus haut la corde à la poutre, la voilà à genoux, elle se sent ancrée et en sécurité avec son attache dans le dos et s’offre à ma badine sans retenue.

Je la mets en garde, il va y avoir des marques, elle me répond d’une voix de chatte, rauque et pleine de désir, qu’elle s’en fout, qu’elle veut encore et encore.

Je l’observe qui s’admire dans le miroir sur le coté, ses yeux qui glissent, je lui confirme : "oui, vous êtes belle…" et reprend ma volée à un rythme plus soutenu, crescendo, elle se tord dans les cordes, souriant par moment, complètement éthérée, évadée, elle part, je vois son corps et son visage s’animer ; c’est un moment de pur bonheur, que je finis par interrompre, cela doit faire plus d’une heure et demi que nous jouons, et il est temps pour moi de la libérer.

Je l’embrasse et la remercie, elle me glisse un délicieux "merci Maîtresse" à l’oreille ;  nous échangeons nos coordonnées, j’ai sincèrement envie de la revoir et de l’attacher à nouveau dans de meilleures conditions, de lui présenter des ami/es joueurs.

Elle m’interroge enfin sur ce qu’elle doit faire du billet à ordre que le Greffier lui a remis à l’issue de sa vente ; elle me le tend…