"Bien que d’anciens livres comme le Kâmasûtra citent les morsures et les griffures comme moyens de parvenir à l’extase, la culture judéo-chrétienne considère l’utilisation de la douleur comme une pratique à part et, généralement, comme une pratique perverse. La psychiatrie porte le même regard sur cette pratique : Freud le conceptualise comme le « désir de faire souffrir l’objet sexuel, ou le sentiment opposé, le désir de se faire souffrir soi-même » c’est ce qu’écrit Wikipédia à propos du masochisme.

Je voudrais parler du résultat auquel me mène ma réflexion de ce week end de jeux avec des personnes pour lesquelles j’éprouve la plus grande estime et avec l’un desquels, j’ai, à ma propre surprise puisque je ne le connaissais que très peu, voire pas, pris l’un des plus grands trips de ma vie !

Je pratique le sado-masochisme depuis un moment déjà, j’ai 48 ans et ça doit bien faire… oulala… disons 70 ans d’expérience derrière moi ! Allez… soyons sérieux, mon premier "trip masochiste" purement physique je l’ai pris j’avais 13/14 ans, c’était un moyen de sentir mon corps, je l’ai pris seule, armée d’un vélo et de graviers…

Après ce premier trip j’ai vécu d’autres expériences masochistes, sur des registres extremement variés, que ce soit du coté de la flamme ou de l’âme, aussi bien cérébrales que physiques, je ne me suis jamais donné de limite, "SE limiter", je trouve cela d’une infinie petitesse, ça a quelque chose de vulgaire, voire d’infiniment triste… Je n’aimerais pas tomber un jour dans cet abîme là !

J’ai éprouvé une infinie variété de sensations dans mon âme et sur mon corps ; souvent d’ailleurs j’ai eu plus mal à l’âme qu’au corps, jusqu’à ce que je réalise qui j’étais.

Et j’en ai entendu des monceaux de conneries proférées concernant le masochisme et la soumission, même et y compris des leçons que certains/certaines s’imaginent pouvoir donner sur le sujet, alors qu’ils ne fonctionnent eux mêmes que dans le sordide et la manipulation et ignorent, le sens profond du mot "relation"…

Je ne suis pas présomptueuse au point de croire posséder la bonne définition, ils sont bien fats (voire cons) ceux qui croient détenir la vérité à ce sujet, je vois cependant au cours de mes pérégrinations que beaucoup de femmes acceptent des pratiques masochistes ou BDSM, non parce qu’elles adhèrent fondamentalement à ce mode de fonctionnement et prennent du plaisir dans "la douleur", mais parce qu’elles veulent plaire à leur partenaire, parce qu’elles ont peur, en refusant, de les perdre, parce qu’elles savent au fond d’elles qu’elles ne peuvent être elles-mêmes, peut-être ne savent-elles d’ailleurs pas qui elles sont, ni même si elles sont quelque chose…

Alors elles se déclarent soumises, elles se font masochistes pour exister aux yeux de l’autre, et en face d’elles il s’en trouve toujours pour déclarer majestueusement "elle m’offre sa douleur"… c’en est triste aussi, à pleurer.

On pourrait dire (et croire) que c’est de l’amour fou… de l’amour peut-être, mais pas fou…. débile !