On a voulu me faire croire que mon fétichisme constituait une forme d’égoisme et m’en priver. Ce texte est le résultat de la réflexion que j’ai eue sur le sujet, mais au final ce que retiens c’est qu’en privant un être de sa subsistance on nie tout simplement son droit à l’existence !
Quel sujet fascinant que celui-ci, je me demandais, sans parvenir à formuler, comment poser le sujet. Je m’interroge en effet depuis quelques temps sur mon fétichisme, et plus spécifiquement sur l’apparente antinomie entre fétichisme et soumission.
La définition du fétichisme que j’ai relevée est "l’utilisation d’objets non-sexuels ou non-vivants ou de parties du corps d’une personne pour obtenir l’excitation sexuelle" ; il s’agit, selon la norme en vigueur, d’un comportement sexuel qualifié de déviant.
Je perçois cela comme une sorte de transfert de l’autre vers soi et/ou une sorte "d’ingestion", un désir tellement puissant qu’il me pousse à avoir besoin de le sentir en permanence, de quelque façon que ce soit, via des objets/parties/substances/odeurs issus de lui, ou meme touchés par lui, lui appartenant.
Cette analyse que je fais me trouble profondément car elle semble aller à l’opposé de ce vers quoi je tends : la soumission, puisqu’elle me positionnerait comme acteur (au sens psychanalytique) vis à vis de l’autre, qui deviendrait de son coté objet (toujours au sens psychanalytique) :
je prends sa substance, je m’en nourris, quelques fois meme sans lui demander son accord, et je prends conscience de ce que cela n’est tout simplement pas acceptable, pas tolérable, pas supportable.
Depuis cette prise de conscience, je vis très mal, de plus en plus mal, mon fétichisme car je m’y sens profondément égoiste, alors que faire : dois-je lutter pour l’éradiquer de moi ? dois-je m’en accomoder ? dois-je l’apprivoiser ?
C’est pour cette dernière solution que je voudrais opter, apprivoiser mon fétichisme pour qu’il ne prenne pas le pas sur l’essentiel à mes yeux :
* l’apprivoiser pour éviter les dégats collatéraux (égoisme, appropriation, positionnement en tant qu’acteur…),
* l’apprivoiser pour conserver aussi ses bénéfices : ce transfert m’accompagne aussi dans mon monde intérieur, il est source d’enrichissement personnel, il est également paradoxalement positif en ce sens qu’il me permet de gérer l’envahissement qu’il pourrait susciter intrinsèquement,
* l’apprivoiser enfin tout simplement car ce fétichisme fait aussi bel et bien partie de moi, j’y prends du plaisir, tout à la fois masochiste, intellectuel, cérébral et physique ; il me procure aussi parfois plus qu’une simple "excitation sexuelle", pour reprendre la définition de base, mais des orgasmes intenses et multiples.
Reste à savoir comment apprivoiser quelque chose qui me "tient" littéralement, quelque chose que "je" ne maitrise précisément a priori pas…
Une seule solution dès lors, prendre acte et etre honnete avec soi meme en admettant son fétichisme pour ce qu’il est et ce qu’il apporte et ce faisant etre honnete avec l’Autre en lui rendant son statut d’acteur de ce fétichisme.