Un magnifique week-end qui a commencé avec une "pré-before" au "donjon communal" de Latachant !

Bondage : Latachant, Photographe : LaVita, dans les cordes Sade Liza
Un magnifique week-end qui a commencé avec une "pré-before" au "donjon communal" de Latachant !

Bondage : Latachant, Photographe : LaVita, dans les cordes Sade Liza
Le bambou a, curieusement, été trouvé sur la route en allant la rejoindre, un signe du destin…
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modèle MM, aux cordes Sade Liza,
Soirée chez Fée_Tishe croquée par Didier Axterdam ; j’avoue avoir été séduite par son regard, son talent et sa rapidité, c’était fascinant de l’observer en train de "travailler", assis calmement dans un coin, souriant, avec son carnet de croquis, ses gestes posés, légers, précis.
Je craque résolument pour ses croquis !
Au hasard d’une promenade sur un blog bdsm, je clique sur la rubrique "bondage", espérant admirer de jolies créations, et je tombe sur ces mots "le bondage, un acte de domination"… j’y comprends, en substance, qu’une séance de bondage génère un abandon profond de la part de la personne attachée, que le Maître applique à son esclave une immobilisation, qu’il y a ainsi de facto mise à disposition….
Je ne partage pas cette analyse, pour intéressante qu’elle soit, et j’aimerais rebondir pour faire porter un autre regard sur les liens.
J’attache mes… mes partenaires enfin non… pas des partenaires, ce que je ressens est bien plus fort que ça. Je n’ai pas envie d’attacher un/e simple "partenaire", de faire dans le "à volonté", voire, comme c’est la mode, dans la "performance", j’en serais d’ailleurs incapable.
J’ai besoin de ressentir quelque chose pour la personne que je vais attacher; quelque chose d’important, quelque chose de puissant, il le faut absolument . C’est bête à dire mais j’attache avec mes tripes, j’attache avec mon coeur, sans ce ressenti, sans cette énergie là, je suis incapable d’aboutir.
J’ai besoin d’aimer d’une certaine façon mon modèle pour parvenir à l’entourer, à l’entraîner dans ma bulle et entamer avec lui une sorte de danse où mes cordes sont mes instruments ; cette nécessité me paraît être une évidence.
Certes c’est moi qui tient les cordes, et on pourrait imaginer que, ce faisant, je dirige la danse, mais c’est pourtant mon modèle qui me donne l’inspiration. La danse se fait à deux, dans une sorte d’unisson.
Je parle pendant que mes cordes tissent, je n’entrave pas, jamais ! je souhaite que mes cordes rassurent et fassent ressentir à l’autre qu’il est en sécurité dans la position où il se trouve, qu’il peut précisément s’y laisser aller, s’y laisser tomber en toute confiance, s’y "abandonner" ?
Faut-il absolument voir dans cet abandon et cette confiance, une remise de soi à l’autre, cette fameuse "mise à disposition" ?
Souvent mon modèle se tait pendant que mes cordes l’entourent, il ferme parfois les yeux, part en voyage, il rêve, d’autres fois il sourit, il rit, je vois défiler ses émotions, ses ressentis, il se tait et après souvent il m’écrit ! Il ne m’écrit jamais (heureusement) qu’il s’est senti "dominé".
Voici les mots que j’ai reçus il y a quelques mois, qui expriment mieux que je ne saurais le faire, le ressenti d’un modèle pendant que je l’attachais, il est question d’émotions :
"…la justesse des mots … L’analogie avec la danse s’est faite toute suite. C’est comme avec un partenaire, quand tout est évident, tout coule et les mouvements se font respirations. Je n’ai aucune idée du temps qui s’est déroulé au rythme de tes cordes … aucune. J’aurais pu rester encore longtemps, me sentant comme protégée, à la fois exposée et dans un cocon.
D’autres sensations plus étranges sont remontées sur ma peau, liées à l’enfance cette fois ci [...] provoquant des émotions inédites et incroyablement étranges. C’est bizarre, je ne sais pas pourquoi ce sont ces souvenirs-là pourtant oubliés qui sont remontés à ce moment là…"
Mes cordes sont mes instruments… elles font parfois ressentir à l’autre qu’il est entouré, en sécurité, jamais en état d’abandon, ni abandonné… mon modèle ne s’abandonne à personne d’autre qu’à lui même, à ses fantasmes et à ses rêves, mes cordes l’isolent et l’exposent au monde qui l’entoure ; elles forment comme un cocon chatoyant autour de lui.
Je ne domine rien, je suis juste… le vampire de ses émotions !
Elles sont belles, belles dans le reflet de leurs miroirs réciproques, on dirait qu’elles ne perdent jamais leur fil, leurs yeux se croisent, se touchent, ou leurs mains, leurs corps… c’est ainsi que je les ressens, se touchant sans cesse, incapables de se perdre un instant, c’est une impossibilité manifeste, je ne trouve pas d’autres mots.
Elle, je la connais depuis quelques années, du temps a passé, mais nous nous retrouvons avec la même chaleur ; elle je ne la connaissais pas, c’est son elle, et cela suffit en soi pour moi !
Je retrouve une Elle plus forte, plus affirmée, plus belle, et surtout plus heureuse, une Elle qui transpire la sensualité dans ses regards, dans ses gestes, dans tout ce qu’elle a tourné vers son elle…
Elle me donne sa confiance, je suis touchée, autant d’ailleurs que mon ami Caiman me dira l’avoir été lorsqu’une fois, Elle nous tendra la laisse de son elle pour la garder, ça n’est pas n’importe quel geste, il a sa symbolique, il a sa force, il y a toute la puissance de nos codes derrière ce geste apparemment anodin ; dès cet instant, celui qui envisagerait de toucher son elle est en danger, je suis prête à faire mal, pas mal pour "jouer"…
Nous nous retrouvons, jouons, échangeons, j’essaie de lui faire rencontrer mes amis, des personnes que j’estime dans ce milieu parfois si particulier, où je sais qu’il y a beaucoup d’ivraie…
Approche l’anniversaire de leur rencontre, je suis encore une fois émue, de la demande qu’Elle me fait : pratiquer un kinbaku sur son elle, c’est à moi qu’elle le demande, à moi, petite encordeuse, je vais passer plusieurs soirées à transpirer, son elle est fragile, elle ne peut supporter de pression là, ni là… le challenge est difficile, je décide d’opter pour la plus grande sobriété : juste les mains et les cuisses, Elle me demande de l’attacher pour que Caiman puisse officier avec son fouet, c’est un artiste en la matière ; Elle lui fait cadeau d’une séance de fouet avec l’un des meilleurs pour fêter leur anniversaire.
Caiman est, je crois, comme moi, honoré de cette demande, les mots sont faibles ; c’est un témoignage de confiance comme il y en a peu.
Nous avons été mis dans la confidence, après le kinbaku, après le fouet, il y aura la remise du collier, Elle me demande de le lui tendre au moment opportun…
Il est magnifique, je l’ai vu tout à l’heure, alors que nous prenions le café, Elle me l’a montré, avec de la lumière dans la voix et dans les yeux, c’est LE collier de son elle, le signe de son engagement vis à vis d’elle, le signe de leur appartenance réciproque comme elle le dira dans son discours de remise.
Ceux qui assistent à cette remise du collier, ceux qui entendent cet engagement d’Elle pour elle mesurent l’amour entre ces deux là, il n’y a plus de lesbienne, il n’y a plus d’hétéro ; tout le monde s’en fout, il y a la remise de son collier par une Dominante à sa soumise et c’est tout ce qui importe !
Merci à Elles..