je n’ai dû mon salut qu’à ma badine !
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je n’ai dû mon salut qu’à ma badine !
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Mon Précieux, mes cordes et moi vous souhaitons à tous de bonnes fêtes de fin d’année…
photographe LaVita
J’attache depuis dix ou quinze ans je crois, c’est Patrick Vich qui m’a contaminée, je l’ai croisé lors d’une soirée. Nous faisions partie de la même corporation, c’était l’usage, c’était aussi le moyen de rencontrer de réels pratiquants, et donc je l’ai rencontré.
J’ignorais absolument tout du bondage, enfin en termes techniques, et encore plus du shibari.
A l’époque, il était le seul à pratiquer cet art, oui je sais… on découvre seulement aujourd’hui que plein plein de gens pratiquent le shibari depuis 20/30/40 ans, du moins c’est ce qu’ils avancent, mais bizarrement il était le seul sur la place, et des autres on n’avait jamais entendu parler, comme quoi… enfin le seul, non, il y avait aussi Jimmy le Belge, avec sa drôle de perruque.
J’ai vu Patrick attacher et je suis restée tétanisée, c’était ça… exactement ça que je voulais… c’était féérique, c’était tout simplement beau, il y avait une grâce et une délicatesse dans ses gestes, et les femmes qu’il attachait devenaient belles, c’était vraiment de la magie, j’étais comme une gamine dans un conte de fée, avec le Prince Charmant juste en face de moi !
Je ne savais pas comment l’aborder, il me semblait "trop grand" pour moi, j’étais en admiration, en vénération littéralement devant l’artiste.
Pendant longtemps je me suis contentée d’aller aux soirées où il se rendait, je l’observais, j’admirais son travail, et puis un jour quelqu’un, je ne sais qui, a demandé s’il donnait des cours, c’était le moment où jamais de me lancer, le coeur battant, les genoux en miettes tellement j’avais peur de lui parler, de parler à "mon héros" bon sang, quelqu’un peut-il imaginer l’angoisse ? Comme une adolescente amoureuse, juste que je n’étais ni adolescente, ni amoureuse.
J’ai osé, et je me suis mordu les doigts de n’avoir pas fait la démarche avant en découvrant Patrick, l’un des hommes les plus adorables que je connaisse (avec mon WebMaster préféré bien sûr). Tous ceux qui le connaissent sont unanimes à reconnaître sa gentillesse et sa simplicité, ses qualités de partage. Il ne "donne" pas, il offre son art, toujours souriant, il explique, il détaille, il prend le temps.
J’ai commencé à apprendre, la physiologie, les passages des nerfs, la circulation sanguine, la sécurité, les cordes, les préparations, les croisements interdits, etc… et les noeuds bien sûr, ce foutu noeud plat lolll que j’ai refait cent mille et une fois depuis. Bien sûr je connaissais la technique, mais devant l’excellence de Patrick je me sentais nulle, disons le clairement : encorder c’est un art, et on ne devient pas artiste, on l’est ou on ne l’est pas.
Je ne suis pas une "artiste des cordes", je suis une simple encordeuse, une donneuse d’émotions, j’aime passionnément ce que je fais et mes encordées me disent qu’elles se sentent bien dans mes cordes.
Le temps a passé, et je me suis finalement lancée dans ma première suspension, pas très rassurée ma foi, c’était il y a seulement 5/6 ans, la demoiselle a été patiente avec moi et sous l’égide de Pat, j’ai vu que je pouvais suspendre quelqu’un et le faire bien (ça rassure). J’ai pris de l’assurance et mon envol quand il m’a donné sa bénédiction : "tu sais faire un noeud, tu n’as pas besoin de moi" !
Malgré ma passion pour les cordes, elles restaient en marge de mes vies : famille/travail, BDSM… une existence découpée en tranches, comme pour beaucoup, qui me laissait peu de temps pour la pratique.
Les cordes nécessitent encore plus d’entraînement que le maniement du fouet, seule une pratique très régulière permet de maîtriser les techniques et d’acquérir de la rapidité dans les gestes, c’est un apprentissage constant, je continue à apprendre, dernièrement d’ailleurs, Patrick m’a appris une nouvelle technique de "bout’s", sans noeud ("bouter" = assembler deux cordes), dont je ne suis pas peu fière.
Il y a quelques mois j’ai eu la chance, via des amis communs de rencontrer Latachant, un encordeur belge ; immédiatement il m’a fait penser à Patrick dans sa gentillesse et sa passion des cordes, immédiatement il a été "mon frère", nous nous sommes littéralement reconnus, je ne sais pas trop comment exprimer ce ressenti : c’était une évidence, nous étions destinés à nous rencontrer et il est devenu, lui aussi, mon sensei, comme Pat l’avait été avant lui.
Cette fois ci je ne pouvais pas louper le coche, c’était comme une sorte de cadeau que la vie me faisait cette rencontre, et je n’ai pas laché mon bout de corde !
Curieusement, si j’attache depuis des années, si j’ai aussi été attachée bien sûr, si j’aime pratiquer la suspension chez les autres, j’ai toujours refusé d’être suspendue moi-même, je ne l’avais été qu’une seule fois, en 2008, mais l’ambiance était consacrée au divertissement de la clientèle des lieux où s’effectuait la démonstration, certainement pas à l’émotionnel, d’ailleurs je n’ai rien ressenti, enfin si… des cordes qui me sciaient le torse.
J’ai mis cela sur le compte de mon poids et je n’ai plus cherché à être suspendue, jusqu’à… jusqu’à ces derniers mois, une première semi-suspension sur une rembarde d’escalier par Amaury où j’ai eu un curieux ressenti, l’impression subite d’avoir la tête chavirée, la tête qui tourne et une sensation de bien-être incompréhensible, l’impression de décoller, de partir, comme si j’avais fumé un joint, une sensation impossible à analyser sur le moment ; fermer les yeux et "profiter du moment".
Je n’avais qu’une envie depuis, retrouver cette sensation, la revivre, parce que je savais qu’enfin je comprendrai réellement les émotions de mes encordées.
J’avais bien compris que c’était au moment du basculement dans le vide que mon cerveau décollait, mon analyse cartésienne me dit qu’il y a sans doute une corrélation entre la position et la vitesse des flux sanguins et nerveux, mais peu importe… l’essentiel est dans le ressenti extraordinaire que l’on peut vivre en suspension.
Je suis heureuse d’avoir encore tellement à découvrir, à apprendre !
Rigger : Latachant, photographe LaVita, en suspension… moi

Un magnifique week-end qui a commencé avec une "pré-before" au "donjon communal" de Latachant !

Bondage : Latachant, Photographe : LaVita, dans les cordes Sade Liza
Le bambou a, curieusement, été trouvé sur la route en allant la rejoindre, un signe du destin…
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modèle MM, aux cordes Sade Liza,
Soirée chez Fée_Tishe croquée par Didier Axterdam ; j’avoue avoir été séduite par son regard, son talent et sa rapidité, c’était fascinant de l’observer en train de "travailler", assis calmement dans un coin, souriant, avec son carnet de croquis, ses gestes posés, légers, précis.
Je craque résolument pour ses croquis !
le Labyrinthe est un chemin qui conduit à l’intérieur de soi-même, la preuve en image…

modèle : Elaime_du_Labyrinthe, aux cordes Liza
Je ne parle pas de sa plastique parfaite, mais de sa gentillesse et de son coeur grand comme ça… son Maître peut être fier d’elle, et je crois qu’il l’est !

photographe : Fabien Bonamour
Une charmante après-midi à Cris et Chuchotements
modèle : Mask and Mirror, photographe : FabulosFab

