Bonsoir Liza,
J’espère que vous allez bien. Je me permets de vous écrire car je viens de finir de lire votre histoire sur votre blog. Je vous écris parce que certaines choses m’ont touchée, pas pour faire pseudo critique littéraire à 2 balles
Je savais déjà que la vie ne vous avait pas épargnée mais j’avoue avoir eu subitement une boule à l’estomac quand j’ai compris ce que vous aviez vécu avant votre naissance du 2 août (ma naissance à moi est le XXXXX, vous savez déjà un peu pourquoi…)
Cela dit je ne vous écris pas pour vous plaindre, ni me plaindre, juste parce que j’ai envie (je prends toujours 150 milles précautions de peur d’être maladroite ;-( Paradoxalement je peux être quelqu’un de très sévère et à la fois très fragile, toujours peur de blesser, de déranger..)
Sans aller aussi loin que vous, j’ai souvent accepté tout et surtout n’importe quoi d’un homme, interprétant un geste odieux pour un geste d’attention, comme un animal à l’affût, à qui son maître (mot qui je vous l’accorde n’est pas anodin) donnerait un coup de pied et qui lui en serait reconnaissant. Je me suis souvent posé la question, ce qui pousse à faire passer l’autre avant soi, avant même son propre respect, alors même que l’ignominie semble évidente…
Peut-être que, s’accordant si peu d’importance à soi-même, on ne peut exister qu’à travers l’autre, et dans mes pires moments, j’ai pensé que d’être maltraitée valait mieux que l’indifférence, au moins c’était la preuve d’un intérêt; la preuve de mon existence. Il m’a fallu atteindre les tréfonds de la souffrance pour accepter que, peut-être, on pouvait vivre autrement, et qu’à force de couler sans cesse, on risquait de se noyer définitivement…
Je n’ai jamais été réellement masochiste d’un point de vue physique, (même si je me suis, plus jeune, livrée à des gestes d’auto-mutilation) mais je crois l’avoir souvent, toujours, été d’un point de vue sentimental. Un ami m’a dit un jour très justement que Mary, c’était aimer en désordre, il ne savait pas à quel point il voyait juste. Mary c’est aimer en désordre, dans le chaos, l’excès…
Depuis ce XXXX, je suis allée chercher une planche et des clous et j’ai tout barricadé (parfois j’entrouvre prudemment une fenêtre
…Mais aujourd’hui ça gronde à l’intèrieur, ça boue, quelque-chose enfin, quelqu’un, tel le grand méchant loup devant la maison des trois petits cochons, semble pouvoir faire crouler l’édifice. J’ai envie, et j’ai peur…je ne sais plus si je tiendrai debout à découvert…souvent je n’ose même pas dire mon attirance, mon trouble, de peur d’essayer un refus, quelle tristesse !
Je digresse, cela n’a pas grand chose à voir avec votre histoire, quoique, c’est comme si sans amour on n’existait pas. J’ai aimé votre rage aussi, la rage d’avoir été trahie, et de trouver cela intolérable, de ne pas lâcher le morceau…
Enfin voilà…pour conclure je pense peut-être monter sur Paris bientôt pour les soldes, aller dévaliser mes magasins de chaussures préférés, et de tissus. Cela pourrait être l’occasion de se rencontrer. Je voulais aussi préciser que je n’attends rien de particulier, je ne vous écris pas dans le but de nouer une relation .. euh comment dire… je ne sais pas comment dire en fait !
Simplement je vous trouve « attirante », comme dit notre petit prince « pleine de richesses », et je trouve que c’est suffisamment rare pour le dire.
Sur ce je vous souhaite une bonne nuit
princesse Mary
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Chère miss Mary,
Vous ne pouvez pas imaginer à quel point votre mail m’a fait du bien, enfin quelqu’un qui a compris et mesuré… saisi les oscillations entre rage, explosion, chagrin, détresse, amour, désespoir, et tout ça en vrac.
Amusant en diable que vous parliez d’amour en désordre, ça m’a fait un choc, moi j’écris, je dis "j’écris" car je ne dis rien bien souvent, je me contente de penser, et quand je pense (bah voui ça m’arrive lolll) je dis "ressentis en vrac" !
Hallucinant, du désordre chez vous, du vrac chez moi wow ne reste plus qu’à monter un discount, on va accumuler nos "richesses" !
"Peut-être que, s’accordant si peu d’importance à soi-même, on ne peut exister qu’à travers l’autre"
Oui, vous avez raison, on accepte les situations du type de celles que vous et moi avons vécues par mésestime de soi, c’est terrible… alors après… savoir d’où vient cette mésestime, comment elle s’est, telle une saleté de cancrelat, ancrée dans nos esprits… d’aucuns trouveront qu’il est utile de chercher le pourquoi du comment, oui sans doute…
Je n’ai jamais cherché en ce qui me concerne, je sais d’instinct, comme sans doute vous aussi, et ça ne me plait pas de savoir, mais alors pas du tout !
Et puis un jour et bien on nait, un jour on décide de vivre, un jour hop on fait du vrac, et puis un jour hop le vrac s’articule, et puis un jour les choses se remettent en place, tranquillement, doucement…
Un jour on est pret à ne plus accepter "de faire passer l’autre avant soi, avant même son propre respect, alors même que l’ignominie semble évidente…" et c’est ce jour là que l’on commence vraiment à exister pour l’autre ou pour les autres, ce qui est logique d’ailleurs, si vous fusionnez, comment voulez vous donc que l’autre vous voie ?
Alors maintenant… maintenant on pourrait faire une analyse psychotrucmachinbidule et dire que le bdsm est la recherche de ci de ça, et voir un rapport évident entre les souffrances vécues des uns et des autres et leurs désirs de domination et de soumission, oui, oui on pourrait princesse !
Mais c’est comme le reste, faudrait-il prétendre avoir besoin de chercher pour trouver ce que l’on sait aussi d’instinct ? Oui, oui évidemment qu’il y a une relation entre ces vécus et ces relations, il faudrait etre stupide pour le nier, mais il y a aussi autre chose, autre chose de bien plus profond.
N’est pas attiré par le BDSM qui veut, ni qui peut… c’est un peu comme un chemin de croix sur le mont Golgotha…
Soit on décide de rester larron, soit on porte en soi la capacité de décider de sublimer, il y a quelque part toujours un choix, et on DECIDE ou pas de le faire, de monter, ou de tomber.
Cette capacité à faire un choix, vous la nommerez ci ou ça, moi je l’appelle "la différence", la différence de potentiel !
Ni vous, ni petit prince, ni moi, ni certains autres, ne sommes comme la majorité, ça n’est pas une prétention à etre "mieux", c’est l’acceptation d’une différence, d’une capacité à la profondeur, à l’introspection.
Songerait-on à reprocher à un handicapé son handicap ? non, il est clair que non… alors il ne faut pas vous reprocher votre capacité à plonger dans l’absolu !
Etre trop brillante, comme vous l’etes, c’est etre vouée à beaucoup de souffrances, c’est effectivement etre la victime potentielle du masochisme sentimental : je connais, j’en sors justement, enfin "masochisme", croyez vous ? peut etre que le terme est spécieux en l’occurrence, puisque c’est vous meme qui dans ces cas là "dirigez" la relation vers ce qui va vous amener à de la souffrance.
Le sens commun prétend que l’on rencontre toujours les memes sortes de gens, que l’on a toujours les memes genres de partenaires, et c’est vrai oui… on est attirés par les memes profils…
"Acceptez vous" !
Ces mots on me les a déjà dits, je les comprends seulement maintenant, faites le je vous prie vous aussi…
Acceptez vous et dites vous que vous etes belle ! Belle, brillante avec un énorme potentiel… restez cependant humble surtout, n’oubliez pas, car…
Parmi ces autres dont vous faites partie, il en est de plus malins que vous… car ils ont vu ce que vous ne voyez pas, et il le voient eux, là… maintenant très chère, ce que vous valez !
Acceptez vous, acceptez d’etre vous-meme, de ne fréquenter que vos pairs, acceptez de défusionner pour etre vue vous, telle que vous etes !
Je vais maintenant vous laisser méditer et vous embrasser.
Bien entendu que j’ai l’intention de vous rencontrer moi aussi, dans le but de rien du tout d’ailleurs, il ne sert pas à grand chose de se fixer des buts, s’en fixer c’est décider de se limiter, bouuuuuhhhhh…
Je vous embrasse,
Liza