je n’ai dû mon salut qu’à ma badine !
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"l’inadéquation entre le ressenti intérieur et l’apparence physique, projet destiné à montrer ou à essayer de faire comprendre ce que peut éprouver une personne prisonnière d’un corps qu’elle ne reconnaît pas comme étant le sien."
Dans un premier temps ton commentaire m’a fait penser au film d’Almodovar (que tu ne peux pas ne pas avoir vu si tu veux traiter un tel sujet "la piele que habito").
Dans un second temps je pense à mon corps, que j’habite aussi et dans lequel je me suis sentie longtemps prisonnière, voire dans lequel j’y suis encore étouffée.
Prisonnière parce que pendant longtemps (et parfois encore maintenant) je ne m’y reconnais pas pour qui je suis, je me regarde dans un miroir et, tel un vampire, je ne m’y vois pas.
J’ai été toute ma vie ce que l’on appelle une "obèse", voire une "grande obèse", parallèlement et très paradoxalement, tout en sachant quelle image je pouvais projeter sur l’autre : la réalité ne me correspondait pas.
Je ne voyais pas vraiment cette femme engloutie dans sa propre graisse, mais moi, moi la femme alerte, souriante, séductrice dans l’âme, et j’étais prisonnière malgré tout de mon propre corps parce qu’il ne correspondait pas à qui je suis, ni à ce que je voulais faire.
Ce qui m’a souvent choquée c’est que, bizarrement, mais alors très bizarrement, certains, voire beaucoup, de mes interlocuteurs se sont aussi trouvés piégés à l’intérieur de moi : ils ont vu la femme séductrice et pas l’autre, le contenant.
Il ne s’agit pas de ce que l’on appelle trivialement "la beauté intérieure", j’appelle ça la séduction intérieure moi loll
Aujourd’hui je suis moi aussi en cours de réintégration, de réintégration corporelle
A la suite de soucis de santé, je suis suivie depuis près de trois ans dans un grand hopital parisien et j’ai perdu 52 kgs.
Si j’ai retrouvé aujourd’hui une silhouette que je sais être correcte, je n’arrive cependant pas toujours à m’approprier ce nouveau corps, que j’habite et que je me contenterai probablement d’habiter jusqu’à la fin de mes jours.
Je l’apprivoise juste et le modifie pour le mettre en adéquation avec la perception que j’ai moi de moi, le soumettre à ma propre volonté.
Bientôt mes seins vont y passer, ainsi que mes jambes, mon ventre c’est fait loll Vive la chirurgie (et oui, là aussi)
Je ne vais pas au hasard dans ma ré appropriation, j’ai choisi d’être suivie psychologiquement aussi, pour essayer, autant que faire se peut, de faire correspondre l’image que j’ai de moi, l’image que je projette de moi, et la réalité.
Reste à savoir ce qu’est la réalité… à mon avis c’est sans doute l’image que l’autre perçoit de moi.
Il est question… d’image, et je crois que c’était le sujet de ton interrogation.
Je t’embrasse.
Elisabeth
Couchée bien trop tôt
et il pleut des mokis
Haikus sans saison
Deux heures du matin
J’ai coupé une étiquette
cousu un bouton !
je suis "éveillée",
impatience et émotion
enchaînée… peut être !
Je cherche, pour la soirée du 3 mars 2012, un lieu sur Paris ou proximité : bureaux, appartement, maison, salle de bal, caverne (chauffée), boucherie, morgue, gite rural, ferme, chateau, caserne, caves… (peu importe) pouvant accueillir en toute tranquillité 50, voire 80 personnes, plus serait un must.
Me contacter de toute urgence si vous avez un plan à me proposer en cliquant ICI.
Il va de soi que vous serez convié pour l’occasion à ma soirée d’anniversaire ; celle-ci ne comptera que des Joueurs et pratiquants BDSM.
Bien cordialement,
Elisabeth
Mon Précieux, mes cordes et moi vous souhaitons à tous de bonnes fêtes de fin d’année…
photographe LaVita
J’attache depuis dix ou quinze ans je crois, c’est Patrick Vich qui m’a contaminée, je l’ai croisé lors d’une soirée. Nous faisions partie de la même corporation, c’était l’usage, c’était aussi le moyen de rencontrer de réels pratiquants, et donc je l’ai rencontré.
J’ignorais absolument tout du bondage, enfin en termes techniques, et encore plus du shibari.
A l’époque, il était le seul à pratiquer cet art, oui je sais… on découvre seulement aujourd’hui que plein plein de gens pratiquent le shibari depuis 20/30/40 ans, du moins c’est ce qu’ils avancent, mais bizarrement il était le seul sur la place, et des autres on n’avait jamais entendu parler, comme quoi… enfin le seul, non, il y avait aussi Jimmy le Belge, avec sa drôle de perruque.
J’ai vu Patrick attacher et je suis restée tétanisée, c’était ça… exactement ça que je voulais… c’était féérique, c’était tout simplement beau, il y avait une grâce et une délicatesse dans ses gestes, et les femmes qu’il attachait devenaient belles, c’était vraiment de la magie, j’étais comme une gamine dans un conte de fée, avec le Prince Charmant juste en face de moi !
Je ne savais pas comment l’aborder, il me semblait "trop grand" pour moi, j’étais en admiration, en vénération littéralement devant l’artiste.
Pendant longtemps je me suis contentée d’aller aux soirées où il se rendait, je l’observais, j’admirais son travail, et puis un jour quelqu’un, je ne sais qui, a demandé s’il donnait des cours, c’était le moment où jamais de me lancer, le coeur battant, les genoux en miettes tellement j’avais peur de lui parler, de parler à "mon héros" bon sang, quelqu’un peut-il imaginer l’angoisse ? Comme une adolescente amoureuse, juste que je n’étais ni adolescente, ni amoureuse.
J’ai osé, et je me suis mordu les doigts de n’avoir pas fait la démarche avant en découvrant Patrick, l’un des hommes les plus adorables que je connaisse (avec mon WebMaster préféré bien sûr). Tous ceux qui le connaissent sont unanimes à reconnaître sa gentillesse et sa simplicité, ses qualités de partage. Il ne "donne" pas, il offre son art, toujours souriant, il explique, il détaille, il prend le temps.
J’ai commencé à apprendre, la physiologie, les passages des nerfs, la circulation sanguine, la sécurité, les cordes, les préparations, les croisements interdits, etc… et les noeuds bien sûr, ce foutu noeud plat lolll que j’ai refait cent mille et une fois depuis. Bien sûr je connaissais la technique, mais devant l’excellence de Patrick je me sentais nulle, disons le clairement : encorder c’est un art, et on ne devient pas artiste, on l’est ou on ne l’est pas.
Je ne suis pas une "artiste des cordes", je suis une simple encordeuse, une donneuse d’émotions, j’aime passionnément ce que je fais et mes encordées me disent qu’elles se sentent bien dans mes cordes.
Le temps a passé, et je me suis finalement lancée dans ma première suspension, pas très rassurée ma foi, c’était il y a seulement 5/6 ans, la demoiselle a été patiente avec moi et sous l’égide de Pat, j’ai vu que je pouvais suspendre quelqu’un et le faire bien (ça rassure). J’ai pris de l’assurance et mon envol quand il m’a donné sa bénédiction : "tu sais faire un noeud, tu n’as pas besoin de moi" !
Malgré ma passion pour les cordes, elles restaient en marge de mes vies : famille/travail, BDSM… une existence découpée en tranches, comme pour beaucoup, qui me laissait peu de temps pour la pratique.
Les cordes nécessitent encore plus d’entraînement que le maniement du fouet, seule une pratique très régulière permet de maîtriser les techniques et d’acquérir de la rapidité dans les gestes, c’est un apprentissage constant, je continue à apprendre, dernièrement d’ailleurs, Patrick m’a appris une nouvelle technique de "bout’s", sans noeud ("bouter" = assembler deux cordes), dont je ne suis pas peu fière.
Il y a quelques mois j’ai eu la chance, via des amis communs de rencontrer Latachant, un encordeur belge ; immédiatement il m’a fait penser à Patrick dans sa gentillesse et sa passion des cordes, immédiatement il a été "mon frère", nous nous sommes littéralement reconnus, je ne sais pas trop comment exprimer ce ressenti : c’était une évidence, nous étions destinés à nous rencontrer et il est devenu, lui aussi, mon sensei, comme Pat l’avait été avant lui.
Cette fois ci je ne pouvais pas louper le coche, c’était comme une sorte de cadeau que la vie me faisait cette rencontre, et je n’ai pas laché mon bout de corde !
Curieusement, si j’attache depuis des années, si j’ai aussi été attachée bien sûr, si j’aime pratiquer la suspension chez les autres, j’ai toujours refusé d’être suspendue moi-même, je ne l’avais été qu’une seule fois, en 2008, mais l’ambiance était consacrée au divertissement de la clientèle des lieux où s’effectuait la démonstration, certainement pas à l’émotionnel, d’ailleurs je n’ai rien ressenti, enfin si… des cordes qui me sciaient le torse.
J’ai mis cela sur le compte de mon poids et je n’ai plus cherché à être suspendue, jusqu’à… jusqu’à ces derniers mois, une première semi-suspension sur une rembarde d’escalier par Amaury où j’ai eu un curieux ressenti, l’impression subite d’avoir la tête chavirée, la tête qui tourne et une sensation de bien-être incompréhensible, l’impression de décoller, de partir, comme si j’avais fumé un joint, une sensation impossible à analyser sur le moment ; fermer les yeux et "profiter du moment".
Je n’avais qu’une envie depuis, retrouver cette sensation, la revivre, parce que je savais qu’enfin je comprendrai réellement les émotions de mes encordées.
J’avais bien compris que c’était au moment du basculement dans le vide que mon cerveau décollait, mon analyse cartésienne me dit qu’il y a sans doute une corrélation entre la position et la vitesse des flux sanguins et nerveux, mais peu importe… l’essentiel est dans le ressenti extraordinaire que l’on peut vivre en suspension.
Je suis heureuse d’avoir encore tellement à découvrir, à apprendre !
Rigger : Latachant, photographe LaVita, en suspension… moi

Un magnifique week-end qui a commencé avec une "pré-before" au "donjon communal" de Latachant !

Bondage : Latachant, Photographe : LaVita, dans les cordes Sade Liza
Je possède une curieuse "faculté" : je suis capable d’oublier "volontairement", avec une spectaculaire rapidité, tout ce qui me dérange, mon esprit a probablement trouvé ce moyen là pour me protéger.
Mon enfance, ainsi que des pans entiers de mon ancienne vie ont ainsi disparu, et même quand ma soeur exhume des morceaux de moi, malgré tous mes efforts pour me souvenir de moments qui lui semblent tellement marquants, j’ai oublié, réellement oublié !
Ne restent que des bribes ; et, pourtant de ses derniers instants je n’oublie rien, ma mémoire dentelle revit inlassablement cette dernière journée avec une si cruelle précision que sa souffrance est la mienne et me chavire sans fin, elle revient et revit.
In memoriam, à sa mémoire dans ma mémoire

Soirée chez Fée_Tishe croquée par Didier Axterdam ; j’avoue avoir été séduite par son regard, son talent et sa rapidité, c’était fascinant de l’observer en train de "travailler", assis calmement dans un coin, souriant, avec son carnet de croquis, ses gestes posés, légers, précis.
Je craque résolument pour ses croquis !
Une réflexion en lisant cet article excellemment écrit par ailleurs, même si je ne partage pas l’opinion de son auteur :
j’ignorais que l’on pouvait parler de "discrimination" vis à vis des personnes tatouées, il me semble que le tatouage est quand même relativement bien ancré dans la culture française. J’imagine que la discrimination est plutôt le fait de l’assimilation avec des groupes d’individus plus qu’au tatouage proprement dit.
Il me semble qu’il y a quand même un monde entre une personne de couleur, une personne dite typée, une personne obèse, des homosexuels et autres porteurs de "différences involontaires" et une personne tatouée qui a fait un choix murement réfléchi.
Si certains tatouages constituent une modification corporelle alors il s’agit pour celui qui le porte au su et au vu d’afficher quelque chose vis à vis de son entourage non ?
Reste à savoir si l’entourage a envie ou pas de voir… n’est ce pas quelque part une forme d’exhibitionnisme imposé ? C’est la réponse qui me vient à l’esprit en lisant cet article.
J’ajoute que, personnellement, je trouve certains tatouages très beaux : j’ai vu récemment sur FB la photo d’un corset en dentelle tatoué que je trouve absolument magnifique, nombre de mes amis sont tatoués, etc… nonobstant il faut reconnaître que certains tatouages peuvent être trash, voire plus que suggestifs, et si cela ne me pose pas de difficulté parce que je suis dans une mouvance kinky, je reconnais que cela peut constituer une agression pour des tiers pour des motifs culturels, de décence ou autres.
Et cette agression là, par contre, elle est indéniablement inacceptable, que cela nous convienne ou pas, parce qu’il s’agit d’utiliser l’autre pour qu’il soit le témoin d’une exhibition qu’il n’a pas choisie et qui peut le choquer.
Chacun a le droit de voir respecter ses croyances et autres convictions, même si nous ne les partageons pas.